



Quand il me demande la permission de m'embrasser…
… mon corps se fige, comme prisonnier d'un sortilège.

" … Réponds-moi au moins.
Tu commences à jouer avec ma patience. "
" … Que… ? "
" Dès que je pense à toi, ça m'agace.
Laisse-moi t'embrasser pour te faire pardonner. "
(… Quoi ?
Mais qu'est-ce qu'il baragouine… ?)
Le fixer en silence.
Enfin revenue à la réalité…
… je fixe le jeune homme qui finit par lâcher mon menton.
" … "
" … Quoi ? "
Le repousser.
" … Ne te moque pas de moi ! "
Enfin revenue à la réalité, je repousse sa main vivement.
" … Depuis quand je me moque de toi ? "
Lui dire que je ne comprends pas.
" … Je ne comprends toujours pas ce que tu dis. "
Enfin revenue à la réalité, je repousse sa main vivement.
" … Ce que je dis ? "
Suite
" … C'est quoi cette logique invraisemblable ? Je t'agace, alors tu veux m'embrasser ? "
Je réponds à mon interlocuteur sur un ton sec et sévère que je n'aurais jamais osé prendre avant.
" … T'es toujours trop familière. "
" Familière ? Explique-toi. "
" Ça te regarde pas. "
" Ah, ça me regarde pas alors que ça me concerne ? "
" … T'es vraiment trop naïve… et bizarre. "
" Arrête de tourner autour du pot et explique-moi ! En quoi je suis trop familière avec toi ? "
" Je t'embrasserai pas aujourd'hui, alors réserve-moi ta soirée de mardi prochain. "

" Mardi soir ? "
" … Le soir du premier jour de tournage.
T'es une professionnelle, non ? Tu devrais connaître ton emploi du temps. "
" Et pourquoi je devrais réserver ma soirée pour toi ? "
" Parce que je me retiens de t'embrasser. "
" … Je pige rien ce que tu dis. "

Je tourne le dos au jeune homme, récupère mon sac et…

" … Attends. "
Yûma me saisit par les épaules, me rapproche de lui et susurre à mon oreille.
" … Tu pourras partir quand je t'aurai embrassée. "
" L, lâche-moi… ! "
Je tente de lui échapper, mais il resserre son étreinte sur moi.
Cela ne m'avait pas frappée jusqu'à présent,
mais l'odeur de son eau de Cologne aux notes marines mélangées à l'orange…
… et sa chaleur traversant mes vêtements me font tellement d'effet que mon cœur s'affole.
" Si tu veux partir, réserve-moi ton mardi soir.
Tu n'as pas l'air de bien me comprendre, alors je vais être plus clair. Je peux très bien t'embrasser de force si je veux. "
" D, d'accord ! Je serai libre mardi soir, ça te va ?! "
Je lui réponds vivement tandis que ses bras m'enserrent davantage.
" … Tu promets ?
Je n'aime pas les menteuses. "
Je le promets.
" D'accord ! Je te le promets ! Lâche-moi ! "
Je ne peux pas.
" Je ne peux pas te promettre ça ! "
Tandis que je rétorque d'un ton sec, le jeune homme rapproche son visage du mien.
" … Dans ce cas, je ne me retiens pas plus. "
Son souffle caresse ma joue alors que ses lèvres descendent sur les miennes. Je détourne la tête.
" D'accord ! Je te le promets ! Lâche-moi ! "
Je ne mentirai pas !
" … Alors, promets-le moi.
Promets-moi que tu me réservera ton mardi soir. "
(…Je lui ai déjà dit oui.
Ce n'est plus le moment de se débiner. Il risquerait d'essayer de m'embrasser de force.)
" C'est promis… Lâche-moi maintenant ! "

" … T'es bien docile. Tu veux une récompense ? "
" Quoi… ? "
Son souffle caresse ma joue alors que ses lèvres descendent sur les miennes. Je détourne la tête.
" C, ce n'est pas ce que tu m'avais promis… ! "
" … Je te parle d'une récompense là. Ça n'a rien à voir avec tout à l'heure. "
" Cesse de tourner la situation à ton avantage… ! "
" … Ah, je blague. "
Suite

" Je déciderai de notre lieu de rendez-vous. C'est clair ? "
" Fais comme tu veux, je m'en fiche, lâche-moi ! "

" … On se voit mardi soir alors. "

" … Je te dirais où on ira au tournage. "

Yûma finit par me libérer de son étreinte et comme si de rien n'était, il me tourne le dos.
(Je suis sauvée…)
Je soupire de soulagement en ressassant la promesse que je lui ai faite.
(Il veut que réserve mon mardi soir pour lui… C'est donc un rendez-vous… ?
Je lui ai promis de venir, mais je n'aurai probablement pas dû…)
" Euh, attends, finalement je… ! "
Yûma ferme doucement la porte derrière lui en ignorant mon interpellation.
(Mince… Quelle idée de lui promettre ça…)
Une main sur la poitrine, je retiens les palpitations féroces de mon cœur.
Je prends plusieurs inspirations quand son eau de Cologne envahit mes narines.
(… Ça sent si bon…)
Mon visage devient tout rouge. Il s'agit d'une preuve incontestable de son étreinte.
(… Je ne sais pas quoi faire. Je… Je ne sais pas ce que je veux faire…)

-- Les jours où je n'ai pas de scènes à tourner, j'en profite pour travailler chez Delicious…
… et ainsi rembourser peu à peu ce que je dois à Haruka.
(La paie est bonne est j'aime l'ambiance de ce magasin, je m'y plais bien.)
" Euh… Vous êtes bien Mlle Aiyume ? "
" Hein ? Ah, o, oui. En effet… "
Je réponds en bégayant légèrement quand on m'appelle par mon véritable prénom.
" Est-ce que vous sortez vraiment avec Yûma ? "
" Quoi ? "
" Eh bien, c'est la rumeur qui court un peu partout… "
(C'est une fan de Yûma… Je devrais réfuter cette rumeur.)
" Non, je ne sors pas avec lui. "
" Hein ? Vraiment… ? "
La demoiselle baisse les épaules de tristesse.
" Je suis une de vos admiratrices, vous savez. Je trouvais que vous alliez bien ensemble. "
" Quoi ? "
" Vous êtes toute nouvelle dans le secteur, mais vous accaparez déjà l'attention. Et si vous sortiez avec Yûma en plus, ça aurait été…
… vraiment incroyable. Vous forcez mon respect Mlle Aiyume. "
" M, merci beaucoup… "
(Elle m'apprécie… ? Elle est tellement jolie. Rien à voir avec ce pervers de la dernière fois…
… Comme je suis contente.)

Je quitte la boutique et attends patiemment que Haruka arrive.
(J'ai pu voir beaucoup de mes fans aujourd'hui.
C'est amusant… d'être célèbre.)

" Aiyume, désolé pour le retard. "
" Ce n'est rien, je viens à peine de terminer le travail.
Tout va bien ? Pourquoi tenais-tu à venir me chercher aujourd'hui ? "
" Je dois te demander quelque chose d'important.
En fait, j'aimerais que tu arrêtes de bosser à Delicious. "
" Hein ? Mais pourquoi ? "
" Tu as participé à un drama, une émission de variétés et une conférence de presse.
Tu es célèbre maintenant. J'aimerais que tu te concentres sur ton travail d'actrice. "
" Je… Je suis célèbre… ? "
" Tu ne t'en rends pas compte ? "
" Si, petit à petit… "

" Tant mieux alors. Est-ce que tu es d'accord avec moi pour te concentrer sur ta carrière d'actrice ? "
" Oui, bien sûr. "
" Bien, sur ce, je vais te dire combien tu vas gagner par mois à partir de maintenant. "
Haruka vient murmurer à mon oreille une somme astronomique.
" … Tu es sûr de toi ? "

" Tu as plus de travail qu'avant, c'est normal. "
" Merci, Haruka ! "
Je me jette dans les bras du jeune homme tellement je suis heureuse.

" Wah… Ha ha, tu vas me faire rougir. "
" Ah, pardon ! "
Réalisant mon geste déplacé, je m'écarte doucement de lui.

" Ce n'est rien, ça ne me dérange pas. C'est même agréable.
Ensuite, je penses que tu devrais t'acheter quelques tenues chez Delicious maintenant que tu en as les moyens. "
" M, mais… "
" C'est cher, mais…
… tu vas participer à des émissions télévisées. Il faut soigner ton image un minimum. "
" C'est… vrai.
D'accord. Dans ce cas, j'en achèterai après la fermeture du magasin aujourd'hui. "
" Bien, c'est très bien. "

" Maintenant, il va falloir te donner à fond pour le drama 'Faites place au vétérinaire, le prince Hachi' ! "
" Oui ! "
Ravie par la tournure des événements…
… j'en oublie complètement que je dois sortir avec Yûma.

-- Le premier jour de travail…

… Sur les lieux du tournage.
Une fois sur le plateau, j'écarquille les yeux de surprise.
(… Il y a beaucoup de personnel contrairement à la web-série.)
Incapable de tenir en place, je regarde d'un œil angoissé toutes les personnes s'agiter autour de moi…

" Hanami, bonjour ! "
Soudain, Sanada arrive, la main tendue, et me salue en souriant.
" B, bonjour, Monsieur ! "
Je hausse un peu le ton à cause du stress et serre sa main vivement entre les miennes.
" … Tu es stressée ? "
" Quoi ? "

" Je vais finir par rougir si tu continues de me tenir la main comme ça. "
" J, je suis désolée ! "
Je lâche le jeune homme dans la précipitation.

" Ce n'est pourtant pas la première fois que tu joues dans un drama, pourtant, non ? "
" Certes, mais c'était une web-série. J'ai l'impression d'être dans un autre monde. "
Je balaye à nouveau les alentours du regard et sens une énorme pression sur mes épaules.
" Tu ne dois pas trop te soucier de tous ces gens.
Notre travail, c'est de bien jouer le rôle qui nous a été attribué. "

" C'est toujours difficile au début, tu auras besoin de temps pour t'adapter. "
" Je vous remercie pour ce conseil. "
(Sanada est un acteur très célèbre et pourtant, il est drôlement gentil et accessible.)
" … Bien le bonjour. "
(Hein… ?)
Je me retourne subitement quand cette voix à laquelle je ne m'habituerai jamais retentit.

" Bah alors, pourquoi tant de politesse ? "
Sous mes yeux se dessine la silhouette de Yûma. Il n'a pas l'air dans son état normal d'ailleurs.
" … On est sur le plateau. "
" Reste toi-même, pas besoin d'être si tendu. "
" … Nous verrons à la fin du tournage. "
(Yûma est différent en face de Sanada. Comme s'il lui était inférieur ?)
" Aaaah ! Attends un peu ! "
" Quoi ? "
Une ombre noire me saute subitement dessus.

" Ah… ! "
" Uh ?! "
" Aaah ! "
Je tombe à la renverse…
… et une langue vient laper mon visage férocement.
" U, un chien ?! I, il est énorme… !! "
" C'est un lévrier irlandais. La couleur de son pelage est rare. "
" A, attends… Wah… ! "
Incapable de me redresser à cause du poids du chien, il continue à me faire plein de léchouilles sur le visage.
(I, il est tellement lourd…
Et il… pue en plus de ça… !)
Demander de l'aide à Yûma.
" J, je suis désolé ! Allez, viens par ici ! "
Le directeur adjoint met une laisse au chien et essaie de le dégager, sans succès.
" I, il est lourd… ! Yû, Yûma… Au secours… ! "
" H, hé ! Descends enfin ! "
" … T'es marrante comme ça. "
Demander de l'aide à Sanada.
" J, je suis désolé ! Allez, viens par ici ! "
Le directeur adjoint met une laisse au chien et essaie de le dégager, sans succès.
" I, il est lourd… ! M, Monsieur Sanada… ! "
" H, hé ! Descends enfin ! "

" … Yûma, tu aimes toujours autant les chiens ? "
" Tiens ? Tu as encore du mal avec ces animaux ? "
" On s'en fiche de moi, aide Hanami enfin ! "
" … Elle est marrante comme ça, non ? "
Se débrouiller.
J'essaie de pousser le chien, mais il est tellement lourd qu'il ne bouge pas d'un poil.
" Hmmm… Allez, bouge… "
" J, je suis désolé ! Allez, viens par ici ! "
Le directeur adjoint met une laisse au chien et essaie de le dégager, sans succès.
" Q, qu'il est lourd… ! "
" H, hé ! Descends enfin ! "

" … Yûma, tu aimes toujours autant les chiens ? "
" Tiens ? Tu as encore du mal avec ces animaux ? "
" On s'en fiche de moi, aide Hanami enfin ! "
" … Elle est marrante comme ça, non ? "
Suite

" … Allez, Yûma. "
" … Reste comme ça, j'aime bien. "
" J, je ne veux pas… Aide-moi… ! "

" Yûma, tu ne dois pas contrarier un femme ! "
" … D'accoooord. "

" Allez, aide Hanami et vite ! "
" … D'accord. "
Tandis que le chien continue de me lécher le visage…

" … Allez, viens là.
Tu devrais pas lécher un truc dégueu comme elle. "
" D, dégueu… ?! "
Yûma siffle doucement à l'attention du chien et lui caresse la tête…
L'énorme toutou se laisse envoûter par le mannequin et s'assoit à ses pieds.
" … Tiens, mange. "
Yûma sort quelque chose de sa poche et le donne au gros toutou.
(Sau, sauvée…)

" Hanami, tout va bien ? "
" Ah, oui. Merci beaucoup. "
Je prends la main de mon interlocuteur et me redresse chancelante
" Cet énorme chien est… "
" Oui, c'est notre vedette pour le drama : Genmâ. "
" Il est gigantesque… "
" … M. Sanada, vous avez peur des chiens ? "

" Mais non voyons, je suis juste déjà bien dans mon rôle.
Le vétérinaire que je dois jouer a du mal avec les chiens.
Je suis navré de ne pas avoir pu te venir en aide. "
" Ce n'est rien… "

" Quant à Yûma, il adore ces bêtes depuis son plus jeune âge.
Je dirais même qu'il préfère leur présence à celle des humains.
Il a toujours des friandises pour eux dans sa poche. "
" Je vois… "

" Quel âge il a ? "
" Eeuh… Je crois qu'il a cinq ans. "
" Genmâ, hein… J'aime ce nom… "
Yûma caresse le toutou en souriant…
… tandis que ce dernier tire la langue et secoue la queue de joie.

" … T'es bizarre. "
(Hein… ?)
" Je compte sur toi aujourd'hui. "
" Wouf ! "
" … T'as un voix bizarre. "
(C'est un peu comme ça qu'il s'adresse à moi, mais il est plus tendre avec ce chien…
… C'est la première fois que je le vois comme ça.)
Je souris doucement en le regardant parler et jouer avec le chien.

-- Trois heures plus tard.
Je me débarbouille, me change…
… et passe une excellente journée de tournage.

" … Wouf… ! "
Genmâ s'allonge brusquement et tire la langue d'un air souffrant.
" Rio ! "
Comme indiqué sur le script, je me rue vers le chien.

" Qu'est-ce qui ne va pas, Rio… ?! "
" Ok ! Cooooupé ! "
" Wouf ! "
Au signal du réalisateur, le chien se redresse sur ses quatre pattes en agitant la queue.
(Il est mignon comme tout, mais…
J'aimerais bien qu'il s'intéresse un peu à moi.)

" … T'es bizarre.
T'es plus intelligent qu'il n'y paraît. "
" Wouf ! "
(Sérieusement… Il n'a d'yeux que pour ce chien.)
Me voilà jalouse d'un animal… D'un mâle en plus.

-- Le tournage prend fin à 17h…
… et voilà qu'Hayato débarque dans un vacarme terrible.

" Aiyume, helloooo ! "
" Hayato ? Que fais-tu ici ? "
" Bah alors, t'as pas lu le script ou quoi ? "
" Quoi ? "
" J'ai remporté la revanche à 'Actionland'.
De ce fait, j'ai décroché le rôle de l'assistant vétérinaire. "
Je vérifie le script et constate en effet que son nom est inscrit.
(Il a raison… J'étais tellement stressée que je n'ai pas fait attention aux répliques des autres acteurs.)
" Saaya a été recalée, mais moi, j'suis là ! "
" … Tu me gênes. "

" Cette voix… C'est toi, Yûma. "
" Arrête de nous suivre comme ça. T'es un pervers ou quoi ? "

" Idiot ! Je suis là pour le travail ! "
" T'as du temps à perdre pour jouer l'assistant véto, toi ? "
" Bien sûr que non, j'suis débordé ! J'veux juste être avec Aiyume ! "
(… Et c'est reparti.
Ils donnent l'impression de se battre pour moi, mais en fait…
… ils ne me regardent même pas.
Je ne suis qu'une raison de plus pour eux de se disputer…)

" … Oublie ce mec. Tiens. "
Yûma tourne le dos à Hayato et me tend un papier.

" Qu'est-ce ? "
" … L'adresse de notre rendez-vous. "
Je regarde la feuille qu'il m'a donnée d'un air décontenancé.
" … T'as oublié ? "
(Notre rendez-vous… ?)
De quoi tu parles ?
" De quel rendez-vous tu parles ? "
" De celui que tu m'as promis. Tu devais me réserver ta soirée. "
(Ah oui… J'étais tellement plongée dans le drama que j'avais oublié ce détail.)
Je m'en souviens.
" Je me souviens de ma promesse. "
(C'est vrai que je lui avais promis de réserver ma soirée pour lui.)
" … Tant mieux.
T'as intérêt à venir. "
Ce n'était pas prévu.
" … Comment ça ? "
" Tu m'as dit de te réserver ma soirée, mais tu n'as pas précisé que ça serait un rendez-vous. "
" … T'es aussi du genre à tourner la situation à ton avantage.
Qu'importe. Viens, c'est tout. Je t'avais prévenue que je choisirais l'endroit. "
Suite

" U, un rendez-vous ?! Ce soir ?!
Mais alors… Vous sortez ensemble ?! "
" Tu parles trop fort, idiot.
… J'ai un autre travail après celui-ci. Viens à minuit.
On se retrouve à minuit là-bas. "
" Minuit ? C'est très tard… "

Sans attendre ma réponse, le jeune homme me tourne le dos et s'en va.
(Il est vraiment spécial.
Il me traite moins bien qu'un chien…)

" … Aiyume, tu vas y aller ? "
" Quoi ? "
" Tu vas allez à ce rendez-vous avec Yûma ? "
" Ce n'est pas un rendez-vous… "
(… Mais je lui ai promis.)

" Tu ne devrais pas le… "
" Allez, Hanami, c'est l'heure ! "
" … Je suis désolée, je dois retourner sur le plateau. "

" O, ok. Courage ! "

-- Une fois ma journée de travail terminée, je rentre à la maison…
… et me retrouve à attendre patiemment minuit. Ce qui est contraire au conte de Cendrillon.
" Grande sœur, tu as un rendez-vous ? "
" Quoi ? "
" C'est la première fois que je te vois hésiter à choisir une tenue. "
" T, tu te fais des idées. "
La remarque de mon petit frère me fait prendre conscience de mes sentiments.
(Est-ce que ça se pourrait que… Non, c'est même sûr, je…
J'ai hâte de retrouver Yûma…
… Que faire ?
Je suis tellement obnubilée par lui que je n'arrive pas à choisir ma tenue.)
Je sors tous les vêtements de mon armoire et les observe attentivement.
(Toutes ces fringues sont de Uniqlo…
… Je n'ai que ça de potable.)
Je finis par choisir un ensemble, mais ça ne me convient pas.
(… Non, ce n'est pas le genre de tenue qui ferait honneur à un mannequin.
Aaah… Comme je regrette le temps où je portais des vêtements de chez Delicious tous les jours.
… Ah, mais oui !)
Je sors du fond du placard une tenue de chez Delicious.
" Tiens ? Tu avais ces vêtements avant ? "
" … Oui. On m'a conseillé d'en acheter pour être présentable au boulot. "
(… Grâce à Haruka, j'ai pensé à me procurer cette robe.
Elle est mignonne et luxueuse… Je pense qu'elle conviendra parfaitement.)
" … Mais… J'ai l'impression que c'est du gâchis quand même. "
Je jongle du regard entre ma robe de chez Delicious et celle de Uniqlo…
J'hésite encore sur la tenue à porter pour ce soir.

J'enfile la robe de Delicious…
… et quitte ma demeure avec de l'avance.
(Voyons… Je dois le retrouver à…)
" … Qe… ? "
Je me dirige vers la gare quand je m'arrête brusquement. L'adresse me paraît familière.
(Cette adresse, c'est…
… C'est la résidence de Yûma ?)
Figée sur place, de nombreux passants me dépassent quand…
(Je lui ai promis… Je n'ai pas le choix…)
… Je reprends ma marche vers la gare.

(C'est l'appartement du dernier étage…)
Il reste cinq minutes avant minuit.
(Je veux tellement rentrer chez moi…)
J'ai l'impression d'éprouver la même terreur que Cendrillon qui craint les douze coups de minuit.
(Je croyais qu'on allait se balader, pas finir chez lui…)
" … ?! "
Une lumière aveuglante m'éclaire subitement et me force à fermer les yeux.

" … T'es bizarre.
Reste pas plantée là. "
Yûma sort la tête de sa voiture de sport.
" J'aimerais pas qu'on nous surprenne.
… Viens dépêche-toi. "

Sur ces mots, le jeune homme va se garer.
(Non, mais pour qui il se prend à me parler comme ça… ?!)
Je jette un coup d'œil à ma silhouette dans le reflet de la porte automatique…
… et m'avance dans la résidence vêtue de ma robe et de mes talons hauts.

(C'est ici.)
La porte se déverrouille et s'ouvre doucement.

" … Entre. "
La porte s'ouvre en grand et Yûma m'invite à le suivre.

Je m'excuse et passe la porte avant de m'arrêter.
" … Qu'est-ce que t'as ?
Entre, je te dis. "
(Je lui ai promis de réserver ma soirée, de me rendre à cette adresse, donc…
… Je peux considérer que j'ai tenu ma parole, non ?)
Entrer pour de bon.
" … D'accord. "
J'obéis sagement et retire mes chaussures quand…
Rentrer chez moi.
" … Je vais rentrer chez moi. "
" … Qu'est-ce que tu veux dire ? "
" Je te retourne la question !
Tu ne m'as pas prévenue que je devais venir chez toi. Je pense avoir largement tenu ma promesse.
Je tourne le dos à mon interlocuteur, quand…
Le questionner sur la soirée.
" … Qu'allons-nous faire chez toi ? "
" … Tu le sais très bien.
Me pose pas de questions stupides. "
" Finalement, je vais rentrer chez moi. "
" … Qu'est-ce que tu veux dire ? "
" Je te retourne la question !
Tu ne m'as pas prévenue que je devais venir chez toi. Je pense avoir largement tenu ma promesse.
Je tourne le dos à mon interlocuteur, quand…
Suite
… l'horloge sonne les douze coups de minuit.
" … C'est l'heure. "
Yûma ferme la porte et plaque une main contre celle-ci.
" Uh… ?! "
Je manque de tomber en voulant m'écarter, mais il me retient doucement par la taille.
Son eau de Cologne…
… accélère les battements de mon cœur et ma température corporelle fait un bond.
(P, pourquoi en arrive-t-on là… ?!)
" T'es Cendrillon, pas vrai ?
Quand sonnent les douze coups de minuit, t'es censée retrouver ton aspect naturel. "
" Q, qu'est-ce que… "
Je tente de me soustraire à son étreinte, mais il m'enlace d'autant plus.
" Tu as mis cette robe pour que je t'en débarrasse, pas vrai ?
Si je t'embrasse, le sortilège sera rompu, non ?
Ah… Non, c'est un autre conte, ça. "
" Q, qu'est-ce que tu dis ? "
" Je ne fais que rentrer dans ton jeu.
… Dis, Cendrillon.
Tu vas rester au bal avec ton prince jusqu'au matin, hein ? "
" J, jusqu'au matin, tu… Tu dis n'importe quoi ! "
Son regard provocateur me déstabilise tellement que j'arrive à peine à lui répondre.
" … Dis-moi ce qui te ferait plaisir.
Pour notre bal de ce soir, je ferai tout ce que tu désires. "
Ce regard provocateur et cette voix sensuelle ne vont pas à un prince…
… Cendrillon sent bien qu'elle a commis une erreur.