


Je sens mon cœur battre face à cette proximité avec Yuuki, quand un téléphone se met à sonner.
" Ah… Téléphone.
Je crois que c'est le mien. "

" Le tien ? "
" Désolée, j'ai oublié de l'éteindre, je vais le faire tout de suite. "

" Quel mauvais timing. "

" Je plaisante. "

Yuuki hausse les épaules et s'éloigne de moi.
" Il n'y a pas grand monde, tu peux répondre. "
" Merci beaucoup. "

(Je me demande qui ça peut être… ?
Pas Igarashi, quand même…)
Je vais à l'arrière et sors mon smartphone de mon sac avec un peu d'appréhension.
C'est 'papa' qui est inscrit à l'écran, ce qui me rassure.
(C'est rare qu'il m'appelle…)
" Allô ? "
[Aiyume ? J'ai à te parler…]
" Oui ? "
[Il ne s'est rien passé d'étranges récemment ?]
Il vise juste et mon cœur s'affole.
(Ce n'est pas possible qu'il soit au courant pour Igarashi…
Et ça ne ferait que l'inquiéter si je lui en parlais.)
" Non pas spécialement. "
Je prends un ton enjoué.
[Vraiment ?]
" Mais oui pourquoi tu me demandes ça d'un coup ? "
[…
[Pour rien… Je me demandais juste comment ça allait.
Tant mieux alors.]
" Papa.. ? "
[À plus.]
" Ah… "
Il raccroche.

(J'ai l'impression qu'il ne m'a pas tout dit…
Et sa voix… Il n'avait pas l'air en forme, je me demande s'il s'est passé quelque chose.)
Ça m'intrigue, c'est la première fois qu'il m'appelle depuis que je vis seule.
J'ai un mauvais pressentiment, et demande à Yuuki de me laisser partir plus tôt pour aller chez mon père.
(Tiens… ?)
Lorsque j'arrive non loin, j'entends des voix d'hommes provenir de la maison,
et me dépêche de m'y rendre quand…
(Hein… !?)
J'ai le souffle coupé en voyant deux hommes semblables à des mafieux parler à mon père à l'entrée.
" Hé, rends l'argent que tu dois. "
" Je suis désolé ! mais… "
" Tu sais c'qui va se passer si tu le prépares pas cette semaine, hein ? "
Je reste figée sans rien dire, et les hommes finissent par partir.
Je cours alors vers mon père.
" Papa… ! "
" Aiyume !? "
" Qu'est-ce que ça veut dire ? Explique-moi… ! "
(Igarashi était certainement au courant.
C'est pour ça qu'il a dit que j'aurai besoin de ce contrat et deviendrai sa femme…)
Je réfléchis en enlevant mes chaussures une fois rentrée chez moi,
quand l'interphone se met à sonner.
(Qui ça peut être ?)
" Oui ? "
[C'est moi.]
Je réponds en me tournant vers la porte et entend la voix de Kyoji.
Je me dépêche d'ouvrir.

" Kyoji ? "
" Je me disais que tu allais pas tarder à rentrer.
Comment ça s'est passé avec ton père ? "


" Tu t'inquiétais ? "

" Vu la tête que tu te payais en demandant à partir plus tôt, comment tu voulais que je m'inquiète pas ? "
" C'est vrai… "
Je souris amèrement et Kyoji dépose sa main sur ma tête.

" Il s'est passé quelque chose, hein ?
Garde pas tout pour toi.
Je suis pas digne de confiance ? "

Sa main glisse de ma tête à mon épaule, et il me regarde l'air vraiment inquiet.
Je suis un peu relaxée grâce à ses caresses dans mes cheveux.
(Je peux lui en parler…
Ça me fera peut-être du bien de le dire à quelqu'un.)
" Tu veux bien m'écouter ? "

" En fait… Mon père a une grosse dette. "
Je lui raconte en entrant à l'intérieur, et il affiche un air stupéfait.

" Ton père… Sérieux ? "
" Quand je suis arrivée, des mafieux le menaçaient. "

" Des mafieux… C'est à eux qu'il a emprunté de l'argent ?
Il a fait ça… J'en reviens pas. "
" Eh bien, en fait ce n'est pas mon père qui a emprunté.
Il s'est porté garant pour un de ses amis et… "
" Ce dernier s'est enfui… C'est pas rare comme situation. "
Je hoche la tête.
" Voilà… C'est ça.
Et ils ont commencé à aller tous les jours chez mon père.
Il m'a appelé en s'inquiétant qu'ils ne s'en prennent à moi aussi. "
" Je vois… "
Kyoji pousse un long soupir.


" Et de combien est la dette ? "
" C'est… 10 milliards… "

" 10 milliards ? "
" Oui… C'est bien trop énorme.
C'est impossible de payer une telle somme.
Il ne peut même pas payer les intérêts. "

" … "
" Mais ça ne doit pas représenter grand-chose pour Igarashi.
C'est pour ça qu'il a dit que je l'épouserai… "
Kyoji me prend la main, et me la serre en me regardant sérieusement.
" Te repose pas sur ce type.
Je suis là pour toi. "
" Kyoji… "
" Je payerais tout. "
" Hein… ? "

" Je vais rembourser la dette, t'inquiète pas. "
Se réjouir.
" Vraiment… !? "
Mon ton devient d'un coup plus enjoué.
(Ah, mais…)
" C'est 10 milliards, tu sais ? Tu n'as pas cette somme… "
Refuser.
" Je ne peux pas te demander de faire ça !
10 milliards, c'est beaucoup trop… "
Hésiter.
" Que, qu'est-ce que tu dis… Tu n'as pas de quoi rembourser une telle somme. "
Troublée, je lui fais part de ma surprise.
Suite
Kyoji me serre toujours la main et secoue lentement la tête.
" Tu serais surprise si je te disais que je suis PDG ? "
" … Comment ça ? "
" Les affaires de mon entreprise dans le secteur informatique
que j'ai commencée à la fac se portent bien. "
Je doute de mes oreilles.
J'ai toujours été avec lui, mon ami d'enfance, mais c'est la première fois que j'entends cette histoire.
" C'est pas vrai… "

" Désolé de t'avoir rien dit…
Mais c'est la vérité. "
" Mais tu es déjà occupé avec ton travail à la maison d'édition,
tu ne peux pas gérer aussi une entreprise… "

" Je laisse mes subordonnés s'en charger, on communique par mail quand c'est nécessaire. "
" Mais ça ne doit pas être facile de gérer ça, et je n'étais pas au courant… "


" Je n'ai rien remarqué alors qu'on a toujours été ensemble… "
" C'est parce que je voulais que tout reste comme d'habitude entre nous. "
Il enveloppe ma joue de son autre main, qu'il fait glisser lentement jusqu'à mon oreille.

" Je préférais passer du temps avec toi plutôt qu'à mon entreprise, c'est pas suffisant, comme raison ? "
" C'est… "

" Bref, je fais pas mal de bénéfice, alors… Laisse-moi m'en charger.
Ne t'inquiète de rien. "

Il m'enlace avec douceur.
" Kyoji… "
" Je te protégerai toujours. "
Il me caresse les cheveux pour me rassurer,
et je sens ma poitrine se serrer sous toute cette douceur et gentillesse…
-- Je réfléchis dans mon lit une fois Kyoji parti.
(Si ça continue, Kyoji va vraiment rembourser la date pour mon bien…
Mais même s'il est PDG… Ce n'est pas une somme facile à rendre.)
Ça va peut-être même mettre son entreprise dans une mauvaise posture.
Je me remémore alors toutes les douces paroles qu'il m'a dites aujourd'hui.
(Il ferait sûrement l'impossible pour moi…
Je ne veux pas lui infliger ça…)
Je pousse un léger soupir en regardant le plafond.
(Mais Igarashi, lui… pourrait sortir cette somme sans problème.
Si je deviens sa femme…
Mon père, ma mère et Kyoji pourront vivre en paix.)

-- Le lendemain matin, à la pause déjeuner.
Décidée, je m'apprête à me rendre au bureau du PDG pour accepter son contrat, quand…
" Aiyume."
Quelqu'un m'appelle dans le couloir.


Je me retourne en entendant quelqu'un m'appeler alors que je me rendais au bureau du PDG,
et Makoto se tient là.
" … Makoto. "
" Tu ne déjeunes pas avec Shiratori et Hoshino ? "
" Je ne vais pas au réfectoire aujourd'hui… "
" Tu ne manges pas ? "
" Ah… Je dois aller au bureau du PDG. "
" … "
Je ne sais pas comment agir avec tout ce qu'il s'est passé ces derniers jours,
et Makoto me tapote la tête en souriant.

" N'aies pas l'air si triste.
Ne t'en fais pas pour ce qu'il s'est passé,
ça me ferait plaisir que tu te comporte normalement avec moi.
Je suis ton supérieur avant d'être ton ex. "
Je suis rassurée devant son sourire.
" Merci beaucoup. "
" À plus tard. "
" Oui. "

(Il est vraiment très mature et gentil…
Le total opposé d'Igarashi.)
Je salue Makoto et vois Kyoji venir vers moi depuis l'autre côté.

" Aiyume. "
" Kyoji… "
(Je ne voulais pas le croiser avant d'aller passer le contrat…)
Gênée, je détourne le regard.

" Ça va ? "
" … Hein ? "
" T'étais avec Shinonome, nan ? "
" Ah, oui… Il s'inquiétait pour moi.
C'est vraiment quelqu'un de bien… "
" Huum. "
Il fronce les sourcils, l'air de suspecter quelque chose.
" Où tu vas ? "


" Quoi ? "
" Tu vas pas déjeuner ? "
Je déglutis et réfléchis immédiatement à un mensonge.
" Je… sors pour appeler mon père. "

" Je vois… "
" Oui. "
(Si je lui dis que je vais accepter le contrat avec Igarashi, il essaiera de m'en empêcher…)
" Bon, alors demande-lui quand il sera disponible. "
" Hein… "
" J'aimerais le voir au plus vite,
je préfère lui demander directement plus de détails sur ces types et la dette.
Je ferai appel à un avocat si nécessaire. "
" Ah… Oui. "
J'acquiesce évasivement, et Kyoji me caresse la tête.

" Alors… N'aies pas l'air si anxieuse.
Je te dis que je vais m'en occuper. "
Ma poitrine et douloureuse lorsqu'il me touche aussi délicatement.
(Il compte vraiment faire l'impossible pour moi…
Je dois au plus vite passer le contrat avec Igarashi.
Tout sera réglé si j'accepte le mariage…)
C'est la seule solution.

Je quitte donc Kyoji pour me rendre au bureau du PDG.
Une fois devant le bureau, la nervosité me gagne.
(J'ai décidé que ça me convenait…
De faire un mariage sans amour avec Igarashi.)
Je prends une profonde respiration et frappe à la porte.
" Euh… C'est Aiyume. "
Après un petit silence, la porte s'ouvre de l'intérieur.

C'est son secrétaire qui l'a ouverte, et il sort du bureau une fois que j'y suis entrée.

" Enfin décidée à signer ce contrat ? "

Igarashi affiche un sourire en coin en me voyant, comme s'il connaissait la raison de ma venue.


" Oui…
Vous étiez au courant pour la dette de mes parents… ?
C'est pour ça que… "
Il me coupe dans ma phrase en me tirant par le poignet.

" … ! "

" Je t'ai dit que j'ai mené mon enquête. "

Il approche son visage et son corps à quelques centimètres du mien l'air amusé.
" … "
Je ne peux pas m'empêcher de tourner la tête.
(C'était bien ça…
Il savait qu'il pourrait faire ce qu'il veut de moi en utilisant la dette…)

" Ah, et puis, j'ai versé l'argent de la compensation sur compte de Makoto Shinonome. "

Je regarde de nouveau vers lui lorsqu'il me dit cela l'air de rien.
(Déjà… !)

" Tu m'as écoutée bien sagement et rompu ? "
"… "

" Ce n'est pas parce que vous me l'avez ordonné que je l'ai fait. "

" On va dire ça. "
" Ne vous en prenez plus à Makoto. "
" Plus besoin, puisque vous avez rompu. "
" Oui… "
" C'est bien.
Voilà ta récompense. "

" … "
Il dépose ses lèvres sur les miennes et m'embrasse.
Suite

Il trace ensuite le contour de mes lèvres avec son pouce l'air satisfait, et s'éloigne.

(Si je n'avais pas rompu, il aurait vraiment renvoyé Makoto.)

" Assis-toi. "

Il pointe le sofa avec son menton.
Je fais ce qu'il me dit, et il me tend une feuille.
" C'est… "

" Le contrat. "

Je suis surprise de voir qu'il est déjà prêt.
(Il l'avait déjà préparé.)
Je le regarde, et il est en train de sourire.

" Je t'avais dit que tu accepterais ce contrat. "

" … "
(J'ai l'impression qu'il a vraiment tout planifié…)
Je me retiens de soupirer et pose les yeux sur le contrat.


Le contenu est simple.
Igarashi rembourse la date de mes parents, et je deviens sa femme en échange.
Je dois écouter tout ce qu'il demande après signature.
Je peux rompre le contrat s'il ne donne pas l'argent nécessaire,
mais ce sera de nouveau à mes parents de payer la dette.

" Signe ici. "

Il m'indique de son long doigt l'emplacement où je dois signer.
Je lève les yeux et le regarde.
" J'aimerais que vous ajoutiez quelque chose. "

" … Dis toujours. "

" Que vous ne renverrez pas Sakuraba. "
" … "

" Humpf… Très bien. "

Igarashi ajoute ces lignes au stylo-plume.
(Kyoji a beau m'avoir dit qu'il a sa propre entreprise,
je sais qu'il s'est beaucoup donné ici et aime son travail…)
Je lis la phrase qui vient d'être ajoutée et signe le contrat.
Igarashi le prend en main et passe un appel.

" … C'est moi.
Fait immédiatement un virement de 10 milliards là où je te l'indique.
Et ensuite… "

Il lui suffit d'un appel de moins d'une minute pour régler la dette.
(Incroyable… Pouvoir réunir 10 milliards si facilement.
Et il connaissait déjà ceux à qui nous devions la dette…
Entre être capable de payer cette somme et avoir acheté cette entreprise…
Je me demande quel genre de personne il est.)

" Comme promis, la dette est réglée. "

" … Merci beaucoup. "


Je suis rassurée que cette histoire soit terminée.
Igarashi se lève alors du sofa d'en face et vient juste devant moi.

" Tu es mienne, maintenant. "

Il affiche un sourire en me caressant les cheveux,
et lorsqu'il les prend dans sa main pour y déposer un baiser…
La porte s'ouvre dans un grand bruit.
" Aiyume ! "
" Kyoji ! ?
Qu'est-ce que tu fais là… ? "
Kyoji entre en furie.
Il s'approche d'Igarashi et plaque un chèque contre lui.
" … Combien tu veux ?
Je vais m'occuper d'Aiyume, ne la force pas à faire ce que tu veux avec ton argent et ton pouvoir ! "
Son cri de colère résonne dans la pièce, et Igarashi récupère le chèque qui était tombé au sol.

" … Ha, tu arrives trop tard. "

Il le déchire en deux.

" Dommage, c'est avec moi qu'elle a signé un contrat de mariage. "
" Un contrat de mariage… !? "

" C'est ça. "

Il lance un sourire froid à Kyoji et m'attrape par le poignet.
" Ah… "

" On y va. "

" Y aller… Mais… ! "

" Tu ne veux pas m'écouter ? "
Il me met la pression et je ne dis rien de plus.
J'avance tirée par lui jusqu'à la porte, quand on m'attrape l'autre main.
" … Je ne te la laisserai pas. "


Kyoji met de la force dans sa main,
et je suis prise en sandwich entre eux alors qu'ils se fusillent du regard.
(Kyoji…)
Je ne sais pas quoi faire, et Igarashi me tire par l'épaule avec force.

" Ne touche pas ma femme.
Ce ne sont pas des paroles en l'air.
C'est moi qu'elle a choisi. "

" … !
" Hé, Aiyume… "
" Je, je suis désolée, Kyoji… ! "
Maintenant que le contrat est signé, c'est la seule chose que je peux lui dire.

" … "

" Fais-toi une raison. "
Je quitte le bureau avec Igarashi qui m'a récupérée de force.

" Où allons-nous ? "
" Tu verras. "
Il me tire par le bras alors que je suis toujours troublée et nous arrivons à l'extérieur.
Il me fait monter à l'arrière d'une voiture de luxe noir…

… qui démarre immédiatement après qu'il ait pris place à côté de moi.
" Euh, j'ai encore du travail… "

" Ce n'est pas un problème. "

Après cette courte réponse, il sort son smartphone et passe un appel.

" C'est moi.
Préviens ses collègues que Hanami doit rentrer plus tôt. "
Il se contente de dire cela puis raccroche.
Je suis stupéfaite face à la facilité de la chose.
(J'y crois pas…)
Mais je ravale mon soupir, ne pouvant pas me plaindre.
(Je me demande si Kyoji est retourné au travail…)
Alors que je m'inquiète pour lui, la main d'Igarashi vient se poser sur la mienne.
Il me la caresse délicatement jusqu'au bout des doigts, et je sens mon cœur faire un bond.


" Euh, Igarashi… ? "

" … Pas comme ça. "

" Hein ? "

" Je vais devenir ton mari, appelle-moi par mon prénom. "

" T, très bien… "

" Dis-le. "

" Euh… Kazuki ? "

" Bien. "

Il hoche la tête et lève ma main.

" Ton vernis est écorché… "

" Ah… "
Comme il vient de me le faire remarquer, le vernis au bout de mon ongle est abîmé.

" Tu vas être ma femme, soit au moins capable de faire ça correctement. "

" Dé, désolée… "
(J'étais occupée en ce moment et j'avais complétement oublié de le refaire.
La honte…)

" Tu es ma fiancée à partir d'aujourd'hui, mets-toi bien ça dans la tête. "
J'étais déjà décidée avant d'entrer dans son bureau,
mais je m'y résous une nouvelle fois et hoche la tête.
" … Oui. "
Dès que je lui donne ma réponse…
Il me soulève le menton et je sens une douceur chaude sur mes lèvres.
" … Nh ! "
Lorsque je réalise qu'il est en train de m'embrasser,
il est déjà en train de changer l'angle du baiser et m'oblige à le suivre.
" … Fu… Ah… "
Il me dévore encore et encore,
sa langue et ses lèvres ne me laissant même pas le temps de reprendre mon souffle.
" Nh… Kazuki. "
Je profite d'un léger écart pour prononcer son prénom en guise de protestation,
et il me libère enfin après m'avoir donné un dernier baiser.

" … Ha …
Pourquoi faites-vous ça… ? "

" Pour bien te faire réaliser que tu vas être ma femme. "

Il me caresse les lèvres du bout de son doigt.

" Voici mon premier ordre :
tu vas m'accompagner à la prochaine fête en tant que ma fiancée. "

" Une… fête ? "

" Oui.
Et on va aller faire des achats dès maintenant,
pour t'habiller de sorte à ce que tu ne me fasses pas honte. "

" … Très bien. "
(C'est pour ça qu'il m'a fait quitter le travail…)
La voiture se dirige vers une galerie alignant plusieurs boutiques de luxe.


La première boutique dans laquelle il m'emmène est une marque dont toutes les femmes raffolent.
Vendeur : " Monsieur Igarashi… Je vous souhaite la bienvenue ! "
" … "
Lorsque nous entrons, tous les employés nous saluent, et affichent 'fermé' à l'extérieur.
(Ils font ça pour qu'aucun autre client n'entre ?
Même dans les boutiques de luxe, Kazuki est traité différemment…)
" Arrête de rêvasser. "
" Ah, désolée. "
" Choisis ce que tu veux. "
" Non… Je ne peux rien choisir d'aussi cher. "
Je secoue mes mains, mais Kazuki m'attrape le bras en fronçant les sourcils.

" Tu m'as répondu 'très bien' tout à l'heure, non ? "
" Oui, mais…
Je ne sais pas ce qu'il faut porter pour ce genre de fête… "

" Dans ce cas… "
Il marche jusqu'au rayon des robes.
" Montrez-nous tout d'ici à là. "
Vendeur : " Avec plaisir. "
" Hein… "
(Mais ce sont toutes les robes de la boutique… !)
Je suis surprise, et Kazuki affiche un sourire en coin.

" Je vais te choisir quelque chose qui t’ira à merveille."

" Vous… ? "

" Tu es ma fiancée, alors tu devras être la plus belle femme. "
(La plus belle… !?)
" Dépêche-toi d'aller les essayer. "
" O, oui. "

Une vendeuse me guide jusqu'aux cabines d'essayage,
et je suis de nouveau surprise en voyant l'étiquette du prix.
(Une seule robe… vaut encore plus cher qu'un mois de mon salaire.
Mais c'est comme un rêve de pouvoir en porter une.)
Bien que gênée, je ne peux m'empêcher d'être attirée par la beauté de ces robes.
J'essaye une robe de soirée noire, et attend la réaction de Kazuki une fois sortie de la cabine.
" Qu'en pensez-vous… ? "
(Il va peut-être trouver que ça ne me va pas…)

" … "
Kazuki, qui attendait sur un sofa, se lève en gardant ses bras croisés et viens jusqu'à moi.
" Ah… ! "
Il caresse le dessous de ma poitrine avec la paume de ses mains et je tressaille.
" Pas mal, mais… elle fait un pli ici.
Essaye la prochaine. "
" O, oui… "
(Ça m'a surpris…)
La suivante est une robe couleur bleu de cobalt.
" Aucun raffinement.
Suivante. "

J'essaye les robes les unes après les autres, mais aucune ne satisfait Kazuki.
(Celle-ci est très jolie,
mais elle est assez dénudée, c'est gênant…)
C'est une robe bordeaux assez sexy,
avec le haut en forme de bustier, faisant bien ressortir les lignes du corps.
" A, alors… ? "
Je sors de la cabine, bien que gênée que ma poitrine soit autant exposée.

" … "
Kazuki me fixe pendant un moment, et me tire soudain par la taille.

" Hein… ? "
Mon cœur se met à battre la chamade lorsque mon corps se retrouve collé au sien.
" Euh… ? "

" … Pas mal. "

Il dépose son regard sur ma poitrine et je sens mon visage se chauffer d'un coup.

" Pourquoi tu rougis ? "
" Pour rien… "
" Retourne-toi. "
Sa main qui se trouvait sur ma taille vient se poser sur mon épaule,
et mon cœur s'emballe de nouveau lorsque je sens la chaleur de sa main sur ma peau nue.
(Pourquoi mon cœur s'emballe autant ?)
Il me fait me tourner, et je sens quelque chose de doux dans mon dos.
" … Ah… "
Je laisse sans le vouloir un petit gémissement s'échapper sous la sensation de son baiser.
" Ka, Kazuki… !? "

" La courbe de ton dos est jolie. "

" … ! "
Ça me chatouille lorsqu'il parle en gardant ses lèvres contre ma peau et mon corps tressaille.
" P, pas ici… "

" Alors faire ça ailleurs ne te dérangerait pas ? "

Il ricane en me voyant paniquer.
" Ce, ce n'est pas ce que je veux dire. "

" … Passons.
On prend celle-ci. "
Kazuki éloigne lentement ses lèvres de mon dos.

" Elle te rend séduisante. "

Il me tire l'épaule et me place face au miroir.
La moi qui s'y reflète, tenue par ses bras est légèrement rouge, les yeux brillants…


Après avoir acheté une robe et des chaussures, nous avons choisi des accessoires chez le bijoutier,
et été dans un salon de beauté pour me faire une jolie manucure.
Il m'a fait essayer de nombreux vêtements, pas seulement pour la fête mais aussi les autres jours.

Une fois les achats terminés, il m'a emmenée dans un restaurant relié à une église, avec un grand jardin.
" C'est un endroit connu pour les mariages ici !
C'est vraiment beau, j'ai toujours voulu y venir. "
Je le regarde alors qu'il se tient à côté de moi, et il me tend son coude.
" … "
" Hein ? "

" Tu ne comprends pas ? Passe ta main. "

" Ah, oui. "
Je me dépêche de passer ma main à l'intérieur, et il me tire par la taille.

(Ouah…)

" Je vais t'apprendre les bonnes manières. "

(Manières… C'était donc ça.)
Je comprends maintenant pourquoi il m'a demandé de me changer dans ces nouveaux vêtements,
et je marche avec lui avec mes talons hauts.

" Tiens-toi droite, marche avec plus de confiance. "

" O, oui… "

" Tu es trop raide… "
" Désolée. "

Nous entrons dans le restaurant, et il n'y a aucun autre client.
" Tiens… ?
Pourquoi n'y a-t-il personne ? "

" Je l'ai entièrement réservé. "

" Entièrement réservé !? "
Je suis surprise lorsqu'il m'annonce ça comme si ce n'était pas grand-chose.
" Mais cet endroit est très populaire
et c'est difficile d'obtenir une réservation pour y tenir une cérémonie de mariage. "

" J'ai des relations. "

(Mais quand même… le réserver entièrement, c'est incroyable.)

Une fois à table, Kazuki m'apprend les bonnes manières pendant que nous mangeons.
Les siennes sont parfaites et il mange avec tant d'élégance que je ne peux pas m'empêcher de l'admirer.


" Vous êtes… vraiment bien éduqué. "

" Qu'est-ce qu'il te prend ? "
" Votre façon de manger et vos manières sont parfaites. "
" … "
Je viens de le complimenter, et pourtant il affiche un air sombre.
" Ce n'est pas dû à mon éducation, c'est parce que c'est mon travail. "
(Son travail… ?)
Je me demande ce que cela veut dire, et il se met à ricaner.

" C'est surtout pour toi qu'il faut s'inquiéter.
Ne me fais pas honte le jour de la fête, des VIP du monde entier seront présents. "

" O, oui… "
(C'est une si grosse fête…)
Je commence déjà à stresser.
" Et… quand aura-t-elle lieu ? "

" Dimanche prochain. "

" Dimanche… Tant mieux. "

" Pourquoi ? "

" Ah… Parce que je n'aurai pas besoin de prendre un jour de repos. "

" Quoi, juste pour ça ?
Tu peux prendre autant de jours que tu veux.
Je t'ai dit que tu pouvais même arrêter et avoir la belle vie. "

" Je ne veux pas. "

Kazuki fronce les sourcils lorsque je lui dis cela,
et je me dis que c'est le bon moment pour lui dire ce que je pense.
" Euh… Laissez-moi continuer.
J'aimerais que cette situation n'ait aucun impact sur mon travail,
je l'aime beaucoup et c'est très motivant. "
Il m'écoute sans rien dire, puis me répond d'une simple phrase :
" Fais ce que tu veux. "
" Merci beaucoup ! "

" Mais lorsque j'aurais besoin de toi, tu devras me faire passer en priorité. "

" Bien sûr. "
" Ouf… "

Il fronce les sourcils davantage en me voyant rassurée.

" Tu aimes tant que ça ton travail ? "
" Bien sûr ! "

" … Je vois. "

Je lui réponds avec entrain et son expression s'adoucit l'espace d'une seconde.

" Mais n'oublies pas quelles sont tes priorités. "

" Oui. "
" Je peux, vraiment… ? "

" Mais ce sont mes ordres que tu dois faire passer en priorité.
N'oublie pas ça. "

" Très bien. "
Suite
" Et…
Vous m'avez dit hier vous êtes occupé de l'incident avec Yuzuru Takanashi,
mais pourrais-je aller m'excuser en personne ? "


" … Je t'ai dit que c'était réglé, tu es une vraie empotée. "
" C'est de ma faute s'il est blessé…
Alors j'aimerais lui rendre visite et m'excuser. "
" Très bien… Je te préviendrai quand j'aurai pris rendez-vous. "
" Oui ! "
Il n'a pas l'air très consentant, mais m'autorise tout de même à continuer mon travail, ce qui me rassure.
Le repas terminé, nous nous promenons dans le jardin.

Les fleurs se balancent doucement sous la douce brise, c'est très agréable.
" Le jardin aussi est magnifique."
" Ouais… "
Je marche escortée par Kazuki sur le chemin pavé, et nous arrivons devant l'église.
" Elle est belle…
Mais le chemin s'arrête là… On fait demi-tour ? "

" … Non. "
Il retire mon bras du sien et approche de l'entrée, puis ouvre la porte que je pensais fermée.
Il se retourne pour m'indiquer de le suivre.

" On va y faire un petit tour. "

Je ne pensais pas qu'il dirait ça et bien que surprise, je hoche la tête en souriant.
" Ouaah, comme c'est beau… "
Une fois à l'intérieur, je suis en admiration devant le vitrail illuminé.
L'église est colorée de fleurs qui rendent l'atmosphère solennelle.
Nous avançons pas à pas sur le tapis rouge.
(Ce doit être le bonheur de se marier ici avec l'homme qu'on aime.
Mais, moi…)
Alors que je pensais à tout cela, Kazuki me prend la main gauche.

" Aiyume. "

Je me retourne, et le vois me regarder d'un air sérieux…
À suivre…