


Contrairement à son air hautain habituel, je ressens de la douceur dans son regard.
(Kazuki… ?)
Je me reflète dans ses yeux illuminés par les lumières de l'église,
et j'ai l'impression que je vais me faire absorber.
Il me fixe en me serrant la main, et tout ce que je peux faire et le fixer en retour.
" … "
Son regard se pose sur la main qu'il me tient,
et après l'avoir délicatement soulevée, il passe une bague à mon annulaire.
" C'est… "
J'écarquille les yeux en voyant un énorme diamant à mon annulaire gauche.

" Une bague de fiançailles.
Ça paraîtrait étrange que ma fiancée ne porte pas d'anneau. "
Mais le diamant est si gros…

" C'est vrai, mais le diamant est si gros… "
J'ai déjà eu affaire à de nombreuses bagues avec mon travail,
mais c'est la première fois que je vois un si gros diamant.

" C'est le minimum pour la personne qui sera ma femme. "
Il me dit cela comme si c'était l'évidence même.
Vous avez raison.

" Vous avez raison. "

" C'est bien si tu comprends. "
Alors que je ne le suis que pour la forme… ?
" Alors que je ne suis votre fiancée que pour la forme… ? "
" C'est justement cette forme qui est importante. "
Suite

" Alors porte-le sans faute, je ne te permets pas de le retirer. "

" … O, oui. "
(Je suis gênée d'avoir une bague aussi belle, mais je ne peux pas lui dire que je n'en veux pas.)
Le diamant imposant brille à mon doigt.
" La taille de l'anneau est parfaite… "


" Tu crois que je suis assez stupide pour offrir une bague qui n'est pas de la bonne taille ? "
" Mais… Comment vous l'avez su ? Je ne vous ai rien dit. "

" Je peux le savoir en touchant. "

(Ah, alors à ce moment…)
Je me souviens lorsqu'il m'a touché la main dans la voiture ce midi.
(Ça lui a suffi pour savoir ?
Et c'est vrai que nous sommes allés chez le bijoutier, mais quand a-t-il eu le temps de…)
Je le regarde, surprise par beaucoup de choses.

" Quoi ? "

" Rien…
Je vous remercie. "
J'ai beau le remercier, je ne saurais pas vraiment dire
si je suis réellement heureuse de recevoir une bague avec un diamant aussi énorme.

" Elle te va bien. "

Il plisse les yeux, et mon cœur s'emballe en lui voyant pour la première fois ce regard aussi doux.
Il dépose alors un baiser sur mon annulaire.
(Ah…)

" Ça aussi, c'est un pacte. "

Mes pulsations accélèrent davantage à la douceur de ses lèvres…

-- Le soir même…
" Cette bague est vraiment splendide… "
J'admire le diamant qui brille à mon doigt, allongée sur mon lit.
(Je pensais que c'était un sale type, mais il est aussi capable d'avoir un visage aussi doux…)
Je me remémore ce qu'il s'est passé à l'église et me sens toute chose.
(Pourquoi mon cœur s'est autant emballé à ce moment-là… ?)
J'essaie de penser à autre chose pour chasser ces sentiments.
(D'ailleurs, j'ai aussi reçu une bague quand j'étais petite.
De la part de Kazu, le frère jumeau de Kyoji.. Ça m'avait vraiment fait plaisir.)
C'était quelques mois avant que Kazu ne se fasse adopter…

" Quand on sera grand, tu seras ma femme. "
" Ta femme… ? "
" Ouais, on se mariera, d'accord ? "
" Oui… ! "
Kazu a sourit en prenant ma main,
et a passé un anneau simple couleur argent autour de mon annulaire gauche.
C'était un simple anneau de canette qu'il avait trouvé sur un terrain inhabité.
" C'est un gage de notre promesse. "
En disant cela, il a embrassé mon doigt autour duquel il avait passé l'anneau.

(Quelle nostalgie… C'était mon premier amour.
C'était mignon, de m'offrir un anneau de canette.
Kazu… Je ne l'ai plus revu depuis qu'il a été adopté, je me demande ce qu'il devient. )
" Ah, d'ailleurs… "
Avant qu'il nous quitte, Kyoji, lui et moi avons enterré une capsule temporelle,
et nous étions promis de la déterrer 20 ans plus tard.
(Ça fait pile 20 ans.
Je me demande si je ne pourrais vraiment jamais revoir Kazu… ?)
Je continue de me remémorer les discussions que l'on avait eu,
bien que je ne me souvienne plus de son visage.
-- Le lendemain.

" Merci d'être venue jusqu'à chez moi. "
Guidée par des servantes sur un terrain si large qu'on pourrait y rouler en voiture,
j'arrive chez Takanashi, qui m'accueille avec un grand sourire.


(Il est vraiment beau.)
Je suis en admiration devant son sourire éblouissant.
" Viens, entre. "
" Merci. "
(Ouah… l'intérieur aussi est incroyable…)
Je regarde autour de moi, épatée par la grandeur et la luxure de cette maison.

" Qu'y a-t-il ? "
" Ah, désolée, c'est tellement luxueux que j'étais surprise… "

" Tu trouves ? "
" Oui, je suis venus seule, alors j'étais nerveuse rien que pour sonner à l'interphone. "
Takanashi ricane.
" Il n'y a que moi, ne sois pas si tendue. "
" Oui… "
Il a un plâtre à son bras droit, évidemment qu'il ne peut pas faire son travail de mannequin comme ça.
(Je dois m'excuser…)
" Euh, Takanashi. "
" Oui ? "
" Je suis vraiment déso… "
Alors que je commence à lui présenter mes excuses, il me tire d'un coup par la taille.

" J'étais impatient de te revoir. "
(Hein… ?)
Mon cœur fait un bon lorsqu'il approche son visage tout près du mien.
Je me retrouve incapable de bouger, et il plonge son regard dans le mien en me caressant la joue.

" Je t'ai causé des ennuis en me blessant, n'est-ce pas ? "
Il me regarde inquiet.


Je secoue la tête.
" Mais non, pas du tout… !
C'est de ma faute si vous vous êtes blessé.
Je suis vraiment désolée que vous vous retrouviez dans cet état pour m'avoir protégée. "

" Ne t'excuse pas. "
" Mais… Vous ne pouvez même plus travailler…
Comment vous sentez-vous ? "
Il secoue légèrement la tête.

" Ce n'est rien de très grave.
C'est parce que c'est toi, que j'ai sauté ainsi.
… Je suis heureux d'avoir pu te protéger. "
" Hein… ? "
Je suis surprise par ses paroles, et il passe son bras dans mon dos pour m'enlacer.
Je me retrouve figée, et il approche ses lèvres du creux de mon oreille.
" Je suis content que tu sois à mes côtés et que tu t'inquiètes pour moi. "
" Euh, je… "
" C'est pour moi que tu es venue, non ? "
Je suis nerveuse en sentant son souffle sur mon oreille et mes cheveux.
" Oui, mais je n'avais aucune arrière-pensées… "
" Moi j'en ai.
C'est pour ça que je te fais venir seule. "
Je n'en crois pas mes oreilles.
C'est vrai qu'au départ, je devais venir avec Makoto.
(C'est pour cette raison qui nous a soudain contactés en demandant que je vienne seule ?)
" Pourquoi… ? "
" Je voulais prendre le temps de te revoir. "
Il me dit cela d'une voix douce,
et fait glisser sa main jusque mes hanches pour me rapprocher encore plus de lui.


Je suis tendue lorsque je sens sa chaleur corporelle et son odeur.
" Désolée, je… "

Je retire son bras et recule un peu, mais il me prend la main gauche.
" … "
Il pose son regard sur la bague qui brille à mon doigt.

" … Je vois. "
Il hausse les épaules et pousse un léger soupir.

" J'avais dit à ton PDG que je n'avais pas besoin d'argent de dédommagement,
que c'était toi que je voulais, mais il a refusé. "
" Vous avez demandé ça à Kazuki… ? "
" Je t'ai fais venir en pensant avoir une chance, mais si tu lui appartiens déjà, je ne peux rien faire…
Il a déjà réglé le nécessaire avec mon agence, alors tu pourrais lui rendre ça ? "
Il me tend un chèque qu'il sort de sa poche.
" Je ne voulais pas de cet argent. "
(Quelle somme énorme… !)
Je suis surprise en voyant la somme sur le chèque, et Takanashi me lâche la main.
" Je sens que je vais me faire gronder si je reste seul plus longtemps avec toi.
Je me donnerai à fond dans mon travail une fois ma blessure guérie. "
Je suis rassurée en le voyant sourire, et lui souris à mon tour.
" J'ai hâte. "

-- Puis le jour de la fête arrive…

(Je ne pensais pas qu'elle aurait lieu sur un bateau…)
Devant tant de luxe, j'hésite à avancer.

" Qu'y a-t-il ? "
" C'est tellement luxueux… "
" Rien. "
" Je suis un peu nerveuse. "
" On y va. "

" O-oui. "
Il me prend la main et avance avec audace sur le lieu de la fête.
Je le trouve très classe et mon cœur fait un bond.
(Il doit être habitué.)
De nombreuses personnes en costume magnifique sont en train de boire du vin et champagne.
Je remarque des femmes aussi belles que des actrices, et l'une d'elles s'approche de nous.
" Igarashi, j'avais hâte de vous voir. "
Elle passe son bras autour du sien.
" Vous… passerez dans ma chambre un peu plus tard ? "
Ses lèvres bien maquillées de rouge affichent un sourire, et elle me lance un regard provocateur.
(Dans sa chambre… C'est bien pour faire ce que je pense ?
Qu'est-ce que… je suis pour lui ?)
Alors que je ne sais pas comment réagir, Kazuki m'attrape par la taille et me tire vers lui.

" … Ah ! "

" Je suis avec ma fiancée aujourd'hui. "

" Quoi, votre fiancée !?
Ah, Igarashi ! "
Il la laisse plantée là et se dirige dans une autre direction, toujours en me tenant par la taille.


" Vous êtes sûr… d'avoir bien fait d'agir comme ça ? "

" Comment ça ? "

" Et bien, cette femme vous… "

" Ah… Elle était chiante. "
(Il veut dire que…)
Je le regarde en fronçant les sourcils, et il affiche un sourire.

" Quoi… Tu es jalouse ? "

Il approche son visage et dépose ses lèvres sur mon oreille.
" … ! "

" Ce que tu peux être mignonne, quand tu veux.
Je m'occuperai bien de toi après dans ce cas, qu'en dis-tu ? "

Mon corps tressaille lorsque son souffle chaud et ses douces lèvres touchent mon oreille.
(Par 's'occuper de moi', il veut dire…)
" Ce, ce n'était pas dans ce sens-là ! "

" Quel sens ? "

Il me tire par la taille en gardant ses lèvres sur mon oreille, et mon corps est collé au sien.
" Ce… Ce n'était pas de la jalousie ! "

" J'ai pourtant bien eu l'impression que c'en était. "

" Ne faites pas ça dans un endroit pareil… "

" Je montre simplement aux autres que tu m'appartiens. "

" Ka, Kazuki… ! "

" Ka, Kazuki… ! "
Je le repousse le visage écarlate et il rit, l'air de s'amuser de mes réactions.
(Roh…)
"Ah, au fait… "

" Quoi ? "

" Tout à l'heure, je vous rendrai le chèque que m'a confié Takanashi. "
Je lui dis avant d'oublier.
Je lui ai déjà transmis par téléphone qu'il était en ma possession,
mais je n'ai pas pu lui remettre puisque nous ne nous étions pas vu ces derniers jours.

" … Il aurait pu le garder. "
" Euh…
Il m'a dit que vous vous étiez arrangé avec son agence et aviez payé une somme conséquente… "
" Excusez-moi… Vous êtes bien M. Igarashi ? "

Je me retourne lorsque quelqu'un me coupe dans ma phrase, et vois un couple de personnes âgées.
L'homme tend sa carte de visite à Kazuki.
" J'avais hâte de vous rencontrer. "
" Nous avons entendu dire que vous étiez un homme d'affaires brillant et… "
" … "

" Désolé, mais je suis occupé. "
Kazuki lance un simple coup d'œil sur sa carte de visite et s'en va.

(Quoi, mais…)
Je m'incline devant le couple, leur carte de visite toujours sortie.
" Je suis vraiment désolée, Kazuki dois aller voir quelqu'un et… "
" Non, c'est nous. Désolés du dérangement. "
" Est-ce que… je peux récupérer votre carte ? "
" Oui, bien sûr. "
Je les salue après avoir récupéré la carte visite de l'homme, et me dépêche de rejoindre Kazuki.

" Ce n'était pas une attitude à avoir. "
Je lui dis le fond de ma pensée une fois à côté de lui.

" … Je n'ai pas de temps à perdre avec des personnes qui ne vont pas m'apporter un sou. "
" Hein… "
Je suis stupéfaite par la réponse qu'il vient de me donner.

Un homme avec un costume qui a l'air coûteux arrive alors, ils commencent à bavarder amicalement.
(Il n'a pas du tout la même attitude…
Des personnes qui ne vont pas lui rapporter un sou…
C'est seulement sur ce point qu'il juge les autres ?)
Alors que je suis à ses côtés, de nombreuses personnes viennent le saluer.
(J'ai l'impression… qu'il n'ouvre son cœur à personne.)
C'est ce que je pense en l'observant.
Il commence à parler de choses compliquées avec la personne d'en face,
et je m'éloigne, déduisant qu'il s'agit de travail.
Je déstresse un peu et pousse un soupir, quand…
" Pourquoi tu soupires ? "
Un cocktail couleur pêche est tendu devant moi.


" Yuuki !
Que faites-vous ici ? "
" Je travaille.
Ça m'arrive d'être appelé pour ce genre d'occasion. "
(C'est vrai que c'est un barman assez réputé.)
" Tiens, bois ça. "
" Ah… Merci. "
Je prends une gorgée du cocktail, et un doux goût fruité se répand dans ma bouche.
" … Ouah, c'est délicieux. "
" Tant mieux. "
" Vous êtes vraiment doué. "
" Pas tant que ça. "
" … Ah, d'ailleurs. "
Je me souviens en voyant le cocktail que j'ai quelque chose à lui dire.
" Je suis vraiment désolée, mais je pense que je ne vais plus beaucoup pouvoir venir travailler. "
(Puisque je ne sais pas quand est-ce que Kazuki aura besoin de moi…)
" … "
Il me regarde un moment, l'air de présumer quelque chose.

" Ok, c'est noté.
Mais je suis inquiet… "
Il passe son bras autour de ma taille.

" T'as pas l'air en forme ces derniers temps.
Dis-le, si tu as des ennuis, tu peux te reposer sur moi. "
Il approche son visage du mien, et je rougis en sentant son souffle sur ma joue.
" Euh, Yuuki… "
Alors que je suis troublée, on m'attrape par l'épaule,

et m'écarte de Yuuki.
" Elle n'a pas l'air très à l'aise. "


C'est Kurosaki qui a son bras autour de mes épaules.
" Vous êtes… "
" Nous nous retrouvons enfin. "

" … Hé, j'étais en train de lui parler. "
Yuuki lance un regard noir à Kurosaki, qui n'a pas l'air perturbé et lui rend un regard froid.

" Moi aussi, j'ai à lui parler de quelque chose d'important. "

" Pas besoin d'avoir ton bras autour de ses épaules pour ça, retire tes sales pattes. "
Yuuki attrape la main de Kurosaki se trouvant sur mon épaule.
(Je sens que ça va mal tourner…)
Je ne sais pas quoi faire de cette ambiance électrique, quand un serveur vient parler à Yuuki.
Juste après, un homme en costume vient chuchoter à l'oreille de Kurosaki.
" Dommage, je dois y aller.
Aiyume, n'hésite pas à te confier à moi. "
" Ah, oui. "

" Navré, moi aussi je dois vous laisser. "
Ils partent tous les deux dans des directions opposées.
(Ouf…)
Je suis un peu plus détendue maintenant que je suis seule, et regarde autour de moi.
(C'est vraiment une fête incroyable…)
Mes yeux s'arrêtent sur des fleurs à côté de moi.
(Elles sont très belles.
Elles laissent ressortir la personnalité de celui qui les a arrangées tout en restant raffinées…)
Je suis en admiration devant cette splendide composition,
et doute de ma vue en voyant une certaine personne non loin.
" Aiyume… ? "


(C'est bien lui… Masataka !)
C'est Masataka, avec qui je sortais au lycée.
Il s'approche de moi en affichant lui aussi un air surpris.
" Je ne pensais pas te trouver ici. "
" Moi non plus… Je ne m'attendais pas à te revoir.
Ça fait un bail, tu vas bien ? "
" Oui, et toi ? "

" Bah… "
" Hein… ? "

" Non, rien. "
Il affiche un sourire amer, et bien que trouvant cela étrange je lui demande :
" C'est toi qui a arrangé ses fleurs ? "
" C'est ça. "
" … C'est pour ça qu'elles sont si belles, elles m'ont captivée au premier regard.
J'étais en train de les admirer."
J'affiche un sourire émerveillé par la beauté des fleurs,
quand Masataka me prend la main d'un air sérieux.
Je suis surprise lorsqu'il me la serre avec force.
" Masataka… ? "
" C'est peut-être pas une coïncidence qu'on se soit croisés,
puisque c'est avec mes fleurs que tu t'es arrêtée. "
" Hein… ? "
Il a l'air de sous-entendre quelque chose et je le regarde, quand…
-- Cling !
Un bruit de verre se brisant résonne plus loin.
(Quoi… ?)
Je regarde dans la direction du bruit par réflexe,
et vois le vieux couple de tout à l'heure, figé sur place, avec un verre brisé et du vin à leurs pieds.
Ils ont apparemment renversé ce vin sur le chinois se trouvant devant eux.
" Je, je suis vraiment désolé ! "
Garde du corps : " Hé, à qui tu crois avoir affaire… ? "
Un homme robuste en noir s'approche du couple.
C'est probablement le garde du corps du chinois, et personne n'ose parler devant sa carrure.

" Ne crois pas que t'excuser va suffire. "
" Je, je suis désolé ! "
" Vous allez bien sûr payer la compensation, n'est-ce pas ? "
Le vieux couple s'excuse en tremblant, mais il n'a pas l'air prêt à leur pardonner.
Les personnes autour se contentent de regarder, et je m'interpose, ne pouvant pas rester sans rien faire.
" Vous pourriez leur pardonner, ils se sont excusés ! "
Bien qu'effrayée, je prends mon courage à deux mains et m'adresse à eux.
Le chinois écarquille les yeux une seconde avant de les plisser.
" … T'es qui, toi ? "
" Une de leur connaissance. "
" … Hum. Alors tu vas m'offrir une compensation à leur place ? "
Il attrape mon menton en affichant un sourire,
et je suis tétanisée devant la lueur louche dans ses yeux, quand…
Quelqu'un retire sa main de mon menton.

" Un souci avec ma femme ? "
Kazuki se tient devant moi, levant en l'air le bras de chinois.
" Kazuki… ! "
" Hé ! "
Il le relâche l'air indifférent.
" … "
Homme chinois : " … "
Ils se mesurent du regard, et une forte tension prend place.
(Que faire… !)
Au moment où je pense ça en voyant qu'aucun des deux n'a l'air prêt à lâcher,
l'expression du chinois s'adoucit.


" … "
Et il s'en va, sourire aux lèvres.
La tension dans l'air s'évanouit, et je suis rassurée.
" Je suis soulagée. "

" Comment ça soulagée ? N'agis pas à ta guise. "

Lorsque je relève la tête, je vois que Kazuki est en colère.
" D, désolée, mais je ne pouvais pas les laisser… "
" Pas de 'mais' qui tienne. Ne va pas fourrer ton nez dans les problèmes. "

" Hé oh… Aiyume n'a rien fait de mal, elle a fait ce qui était juste."
Masataka qui m'a suivi, s'adresse à Kazuki.

" J'observais un peu plus loin, et c'est vrai qu'elle n'est pas en tort. "
Kurosaki, qui a dû voir une partie de ce qui s'est passé, approche en disant cela.

" … "
Kazuki leur lance un regard mauvais, et me tire par le bras sans que j'ai mon mot à dire.
" Ka, Kazuki… !? "
Nous sortons sur le pont et il m'emmène jusqu'à la poupe du navire, où il n'y a presque personne.
" Euh… Kazuki… "

Lorsque je l'interpelle, il s'arrête soudain et m'attrape les épaules pour me plaquer contre le mur.
" … "
Je suis prise en sandwich entre le mur et lui, et le voir me regarder de si près fait s'emballer mon cœur.
" Kazuki… ? "

" … Tu me causes bien des ennuis. "
" Je suis… vraiment désolée pour tout à l'heure.
Merci de m'avoir aidée. "

" Ce n'est pas de ça dont je parle. "


" Hein… ? "
Il se penche, rapprochant encore plus son visage.
" De quoi tu parlais avec ton ex ? "
(Mon ex… Comment est-il au courant ?)
" On se disait juste… que ça faisait longtemps… "
" Mais vous vous teniez la main. "
(Il nous a vu… !)
" Ce, ce n'était… pas ce que vous croyez. "
Ce sont les seuls mots que je parviens à trouver.
" Mais comment savez-vous que je sortais avec lui ? "

" Je sais tout de toi. "

(Il a été enquêter même sur ça… !)
Je ne sais même plus quoi dire, et il me regarde en plissant les yeux.

" Je vais devoir t'éduquer. "

" Hein !? "

" Tu ne te rends pas bien compte que tu m'appartiens. "

" C'est… "

" Embrasse-moi. "

Il me coupe dans ma phrase, et je suis figée en entendant son ordre.
" Vous… embrasser ? "

" Oui. "

" Euh… "
Troublée, je ne sais pas où poser le regard.

" … "
Je sens qu'il commence à être irrité devant mon hésitation.
" … Juste un léger, alors. "

Mise sous pression, je n'ai d'autre choix que de lui répondre cela.
(C'est sur la bouche, hein… ?)
Mon attention se porte sur ses lèvres.
" Non, je ne peux pas… ! "
" Tu n'as pas l'air de comprendre la position dans laquelle tu es. "
" Mais… "

" Tu n'as pas oublié notre contrat, non ? "

" ! "
" Je, je ne… peux pas. "
Je secoue la tête.

" Qu'est-ce que tu ne peux pas ?
C'est toi qui est en tort. "

" Oui, mais… "

" Et tu as signé entre contrat, tu dois écouter mes ordres. "
Je ne peux plus protester.
Suite

Il approche son visage jusqu'à ce que nos nez se touchent, appuie mon poignet contre le mur,
et glisse sa main dans la mienne.

" … Dépêche. "

Mon cœur s'emballe en entendant sa voix grave.


" Si tu ne peux pas m'embrasser, je peux te faire faire quelque chose d'encore meilleur. "

Il affiche un sourire en coin.
(Par meilleur, il veut dire…)
Sachant qu'il en est largement capable, un frisson glacial me parcourt le dos, et pourtant, la main qu'il me tient est chaude.

" … Alors ? "

" T, très bien… "
N'ayant pas le choix, j'accepte et dégluti.
(Si ce n'est qu'un simple baiser…)
Mes pulsations accélèrent, mais je me décide et dépose légèrement mes lèvres contre celles se trouvant en face de moi.
" .. Nh ! "
Au moment où je comptais m'éloigner, il m'appuie l'arrière de la tête, m'attrape les cheveux et infiltre sa langue dans ma bouche.
" … Fu, ah … "
Ce qui devait n'être qu'un léger baiser devient langoureux.
Je suis surprise mais il continue d'entremêler sa langue à la mienne,
me faisant comprendre qu'il ne me laissera pas fuir, et je sens ma conscience s'évanouir.
" Nh… ! "
Son baiser est si brutal que je frappe son torse de ma main libre pour essayer de protester.
" … Ha… "
Je respire une fois ses lèvres éloignées, et il se lèche les babines d'un sourire amusé.

" De quel droit tu me repousses ? "

" C'est que… une chose pareille, c'est… "

" Embrasse-moi mieux.
Sinon, je ne pardonnerai pas. "

Il approche de nouveau son visage et plonge son regard dans le mien.

" Je vais t'apprendre comment embrasser jusqu'à ce que tu sois capable de le faire de toi-même. "

" Ah… ! "
Cette fois, il m'attrape le menton et m'embrasse de nouveau brutalement.
Mais contrairement à tout à l'heure, il change à différentes reprises l'angle de notre baiser.
" Nh, fu…
Att… "

" Tu en veux… encore plus ? "

Mes épaules tremblent sous la chaleur de sa langue, et je sens que je vais être absorbée par cette douce sensation.
Je me dépêche donc de le repousser.

" Je, j'ai compris… "

" Compris quoi ? "

" Je vais vous embrasser correctement… "
Kazuki affiche un sourire satisfait.

" Essaye donc. "

" Euh… Vous pourriez fermer les yeux ? "

Il ferme les yeux sans broncher.
(Son visage… est vraiment beau.)
Je sens mes pulsations accélérer…

… et ferme moi aussi les yeux en approchant mes lèvres des siennes après avoir pris une profonde respiration.
Lorsque je ressens la douceur de ses lèvres, je pénètre timidement ma langue dans sa bouche.
" … Nh, nh ! "
… Je suis surprise lorsqu'il aspire ma langue.

Je le repousse et il affiche un sourire en coin.
" Ce n'est pas juste ! "

" Quoi donc ? "

" C'est… "

" C'était ça ton maximum ? "

" … Pardonnez-moi pour tout à l'heure. "
Je le supplie le visage écarlate et les larmes aux yeux.
À suivre…