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{Soji} Chapitre 6

La rumeur de l'assassinat de Serizawa n'a pas tarder à se répandre.
Celle-ci dit que ce sont des ronins de Chôshû qui l'auraient attaquer.
Mais c'était en fait un conflit au sein de Shinsengumi.
Ce sont Okita et les siens qui l'ont tué. Oume y a également laissé la vie.
J'ai du mal à croire qu'Okita ait pu tuer une femme
ou même la regarder se faire tuer sans rien dire.

(Il a même dit qu'il m'aurait tué si j'avais été là…)

" Saki… Saki… "

" Oui ! "

" À quoi penses-tu, en regardant ainsi dans le vague ?
Ma coupe est vide. Remplis-là, veux-tu ? "

" M… Mes excuses… "

" Je ne suis pas assez riche pour louer toute la maison, je suppose que je ne suis pas votre meilleur client. "

Je lui sers à boire hâtivement et lui adresse un sourire.

" Mais j'avais hâte de te voir, ce soir. J'aimerais autant avoir toute ton attention. "

Cet homme a dit s'appeler Kiemon Masuya. Il possède un grand magasin à Shijô.
Il semble m'avoir à la bonne.

Gérant : " Heureusement que c'était Masuya.
Mais tu dois rester concentrer pendant les banquets. Maître Aiya est trop gentil avec toi. "

" Je suis désolée. "

" Tu en as assez fait pour ce soir. Reste derrière et prends-toi un thé. "

Les réprimandes du gérant me mettent le moral à zéro.
Les clients paient pour passer du temps avec moi.
Masuya aurait pu se mettre en colère en tout bon droit.
Honteuse de ne pas avoir été à la hauteur, je me mets à penser à Okita.

(Je veux le voir…)

À chaque fois que je vois son visage, je reprends du poil de la bête.
Le seul fait de penser à lui me fait chaud au cœur.
Maintenant que j'y pense, Okita disait la même chose.

' Quand je vois ton sourire, tu me redonnes du poil de la bête', disait-il.

" Je me demande si c'est pour ça qu'il est venu me voir… "

J'écarquille les yeux. La nuit où Serizawa et Oume ont été tués, il m'a rendu visite.
Il semblait vouloir dire quelque chose.

(Ce n'est pas le genre d'homme à regarder une femme mourir indifféremment.
Okita aussi souffrait. C'est pour ça qu'il est venu…)

Je suis si stupide ! Pourquoi ne m'en suis-je pas rendu compte ?!
Il essayait de convaincre Oume de quitter la garnison.
Plus que quiconque, il cherchait à éviter que cela se termine ainsi.

 

-- Plusieurs jours plus tard, je trouve du temps libre pour me rendre à la garnison.

" Je te présente mes excuses. "

On me laisse entrer et, face à Okita, je m'incline avec respect.

" Qu'est-ce qui t’arrive ? Relève-toi, Saki. "

L'air troublé, il se lève.

" Tu es tout le temps celui qui me console…
Et pourtant, moi je n'ai même pas remarqué lorsque tu avais besoin de moi. "

" … "

" Ce soir-là, c'est moi et personne d'autre que tu es venu voir.
Je suis désolée de m'être montrée si dure. "

" … "

" Vraiment désolée… "

Sans dire un mot, Okita s'approche de moi.


Il prend ma main et me soulève doucement la tête.
En relevant les yeux, j'aperçois son doux sourire.

" Ne t'excuse pas. Je ne t'avais pas rendu visite parce que j'avais besoin de toi, Saki. "

" Okita… "

" Je voulais seulement voir ton visage. Voilà tout… "

Ses yeux sont presque fermés, et sa voix guère plus qu'un souffle.

Sa main vient se poser contre ma joue, éveillant en moi une sensation si agréable que j'en peine à garder les idées claires.

Je ferme doucement les yeux, laissant une douce mélancolie s'emparer de moi.

La seule vue de son regard limpide comble mon cœur.

" Je ne fais que penser à toi… "

" … "

" Je ne veux pas que tu souffres, Okita. Ni que tu tombes malade. Alors s'il te plaît… "

Prenant mon courage à deux mains, je continue.

" Viens dans mon époque. De la même manière que moi, je suis venue ici. "

" Ton époque ? "

" Je trouverai un moyen. Viens avec moi, et fais-toi soigner. "

Okita semble surpris. Il me caresse la joue avant de m'adresser un tendre sourire.

" Ce n'est rien de plus qu'une simple toux. Je ne suis pas malade. "

" Ça finira par devenir sérieux. Je connais ton avenir. "

" Tu me l'as déjà dit. "

" Alors pourquoi ? Pourquoi ne me crois-tu pas ? "

 

" Je suis un homme qui vit par l'épée. La mort de m'effraie pas. "

 

Il lâche un petit rire et reprend.

" Mais ce serait trop dur d'abandonner Kondô et les autres avant la fin.
Tant que je vis, je veux faire tout mon possible pour les aider. "

" Okita… "

 

" Je suis content que tu m'aies appris ce que sont la voix du samouraï et l'esprit de l'épéiste…
J'ai l'impression que je ne l'avais pas aussi bien compris que mes camarades. "

" … "

" Mais maintenant que je sais qu'il me reste peu de temps à vivre, je me sens… revigoré.
Je donnerai tout ce que j'ai à Shinsengumi. C'est tout ce que je souhaite. "

L'espace d'un court instant, le sourire sur son visage s'évanouit.
La chaleur de sa main glisse le long de ma joue telle une larme.

" Même s'il y a quelqu'un que j'aime. "

 

Après un profond soupir, je prends un air boudeur.
Je saisis la main fuyante d'Okita et la serre fermement.

" Dans ce cas, je ne retournerai pas dans le futur. "

 

" … "

" Ce serait bien plus dur de ne plus te voir que de ne plus voir ma mère. "

Okita soupire à son tour.
Je pose la paume de sa main contre ma poitrine. Mon ton est sans appel.
Je ne savais pas qu'une telle passion sommeillait en moi.

" Je veux rester avec toi, ne serait-ce qu'une seconde de plus. Je n'irai nulle part. "

Des nuages blancs parsèment le ciel bleu et limpide.
Okita enroule ses doigts autour des miens.
Nous sommes si proches que je peux sentir son souffle se mélanger au mien.
M'attirant à lui par les épaules, il rapproche plus encore son visage.
Il ferme doucement les yeux et approche ses lèvres des miennes.

" Saki… "

" Hé, Soji ! "

" … ! "

La cloison coulissante s'ouvre, et nous nous éloignons maladroitement l'un de l'autre.
 Hijikata nous observe d'un air curieux.

" Qu'est-ce que vous faites ? "

 

" On comptait le nombre de tatamis dans la salle. "

Ce disant, Okita fait glisser son doigt sur l'un des tatamis.
Je pouvais de rire en entendant son excuse bidon.

" On a un nouveau postulant. Va le tester. "

 

" Entendu. "

 

" Autre chose. Si tu veux appeler des femmes de Shimabara, attends que la nuit soit tombée. "

 

" Pourquoi ? "

Hijikata semble exaspéré.

" Je ne suis pas d'humeur à expliquer ça à un homme qui a passé ses vingt ans. "

Okita aussi, semble exaspéré.

" Et toi, que dirais-tu de trouver une femme que tu puisses rencontrer en plein jour, Hijikata ?
Kondô, lui, ça fait un bail qu'il est marié. "

 

" Arrête de parler de femmes et d'amour en plein jour. "

 

" Tu peux parler ! C'est toi qui a abordé le sujet, je te signale. "

Okita se lève on haussant les épaules.

Je me demande si son cœur bat la chamade comme le mien.
Je sens le mien tambouriner dans ma poitrine, même après son départ.
Son visage, les yeux fermés, me revient à l'esprit. Il semblait sur le point de m'embrasser.

-- Un jour, un employé de la maison de confort, tout sourire, vient me dire…

" Saki, la rumeur pourrait bien dire vrai ! "

" Une rumeur ? "

" Tu n'es pas au courant ? Celle qui raconte que tu seras la prochaine tayû ! "

Tayû est le rang le plus haut d'une courtisane oiran.
C'est un peu comme la number one des hôtesses dans le quartier de Ginza, à Tokyo.
Non, même plus que ça. Une tayû se doit d'être maître de tous les arts de performance.
Le shamisen, le koto, la cérémonie du thé, de l'encens et les arts traditionnels.
J'éclate de rire, pensant que c'est une plaisanterie.
J'ai beau ressembler à la défunte Yoshino-tayû,
ça m'étonnerait que je puisse devenir une tayû moi-même.

" Tu plaisantes, quelqu'un a dû dire ça pour rire ! Akinari ne m'en a même pas parlé. "

" C'est de la bouche de Maître Aiya que je l'ai entendu. "

Ce disant, il prend un air outré et s'en va.

" Moi aussi, je t'ai recommandée. "

" Ayame… "

" Saki, tu as non seulement l'apparence pour toi, mais aussi la bonne attitude.
Ce n'est pas seulement ton caractère. Tout le monde est strict avec toi.
Ils ont tous de bons espoirs pour toi. "

" C'est n'importe quoi… Je suis sûre que tu ferais bien mieux l'affaire que moi, pourtant. "

 

Ayame lâche un petit rire et fait non de la tête.
Je ne le savais pas, mais une courtisane qui a partagé la couche d'un client ne peux devenir tayû, aussi populaire soit-elle. La décision est prise lorsqu'une shinzô devient officiellement une courtisane. Soit elle devient une courtisane ordinaire, soit elle devient l'unique tayû de la maison.

" Lorsque tu deviendras tayû, tes responsabilités et la pression sur tes épaules grandiront.
Mais tu seras le symbole de notre établissement, et tu seras traitée avec révérence.
Et par-dessus tout…
Kônoikeya, que tu tiens tant à rencontrer, pourrait bien entendre parler de toi. "

Il s'agit de l'homme qui collectionne les inventions de Giemon Karakuri.
Il se peut qu'il soit en possession de l'appareil photo qui me fera rentrer dans le futur.

(Je n'ai pas vraiment envie de partir seule en laissant Okita ici, mais bon…)

Shôta saura en faire bon usage. Je tiens ce qu'il rentre chez lui et vive heureux.

Soudain, Ayame éclate de rire.

" C'est dommage pour ce pauvre Masuya !
Il était plutôt sûr de pouvoir te mettre dans sa couche, Saki ! "

Je rougis instantanément. Masuya est le client qui m'apprécie le plus.

" Il pleut à torrents, aujourd'hui. "

Masuya est un homme calme, dans le début de la trentaine.
On dit qu'il est jeune, mais très capable.
Sa mère serait une noble de la cour et connaîtrait des proches du prince impérial.
Il a le raffinement que n'ont pas les autres commerçants, et l'acuité d'un samouraï.
Ce côté rusé dont il fait parfois preuve me rappelle les hommes de Shinsengumi.

" Je suis venu voir ce visage qui ne manque jamais de rendre mon cœur limpide. "

" C'est que vous êtes doué pour me flatter ! "

" Je suis sérieux. "

Il porte la coupe de saké à ses lèvres fendues d'un sourire.

" J'imagine que tu entends de telles déclarations tous les jours, mais moi, je n'ai pas l'habitude de parler ainsi. "

" J'aimerais que tu réalises le courage qu'il m'a fallu, pour formuler ses mots. "

Les joues rouges, j'en viens presque à avaler ses paroles tant il a la langue aiguisée.
Même si je sais que ce ne sont que des flatteries.

" Merci. Et comment se passe votre travail, ces derniers temps ? "

Soudain, Masuya attrape ma main…

" Eh bien ? Êtes-vous déjà saoul ? "

" Non. Je voulais sincèrement te toucher. Est-ce mal ? "

Ses yeux sont si clairs que je pourrais y voir le fond de son cœur. Il me sourit tendrement.

" Tu es une femme mystérieuse.

Malgré cette sagesse de clairvoyant, tu débordes de charme. "

 

" Et je ne cherche ni à te blesser ni à te flatter. "

" … "

 

" Tu es une femme indépendante. Et l'ère à venir aura besoin de femmes comme toi. "

C'est probablement parce que je viens du futur.
Que ce soit une bonne ou une mauvaise chose,
les femmes modernes ne cherchent pas à mettre les hommes sur un piédestal.
Çe doit être cette différence qui me rend unique ici.
Amusée, je lui adresse un sourire.

" Vous avez raison, Maître Masuya. Le futur sera rempli de femme comme moi. "

 

" Hein ? "

" Un jour viendra où les femmes se montreront plus entreprenantes que les hommes.
Nombre de femmes seront plus fortes que les hommes et occuperons des rôles plus important. "

Masuya écarquille les yeux. Sur un ton de plaisanterie, je continue…

" En réalité, je viens du futur. "

Comme je m'y attendais, il éclate de rire.

" Ce que tu peux être drôle ! Moi aussi, en fait, je suis un rescapé de la guerre Genpei. "

" Vraiment ? Vous avez également touché l'appareil photo ? "

" L'appareil photo-quoi ? "

" Oh, vous plaisantiez ? "

" C'est quoi, un appareil photo ? "

" J'ai entendu dire qu'il s'agirait d'une invention Giemon Karakuri. "

" Oh, je possède plusieurs de ses créations dans mon échoppe.
Mon prédécesseur les avait acquises lorsque Giemon vivait à Osaka. "

" Vraiment ? "

 

" Oui. Mais si l'une d'elles te permettait de rentrer chez toi, elle serait telle les ailes d'un ange.
Je tâcherai de les cacher quelque part. "

Riant d'abord de sa propre plaisanterie, Masuya reprend son sérieux en voyant mon regard.

" Que dirais-tu de visiter mon magasin ? "

" Je peux ? "

 

" Bien sûr. Je pourrais même t'accueillir en tant qu'épouse ! "

Une blague, pour ne pas changer. Je ne peux m'empêcher de rougir.

Ce n'est que plus tard que j'apprendrai la réelle identité de Masuya.
Shuntarô Furutaka. Un agent du clan Chôshû détaché à Kyô. C'est un espion de renom.
Un jour, il serait torturé et avouerai son ambition de mettre le feu au palais impérial.
Cette confession déclencherait un événement qui ferai connaître Shinsengumi de tous.
L'affaire Ikedaya.
Je continue de sourire, sans savoir qu'il s'agit en fait d'un ennemi d'Okita, et remplit sa coupe de saké.

 

En parlant de l'invitation de Masuya à Akinari, ce dernier accepte de me laisser sortir.
Cependant, il couvre sa bouche avec son éventail, affichant un sourire lourd de sens.

" J'ai beaucoup investi en toi, ma chère apprentie Shinzô.
Je suis sûr que Masuya est trop poli pour mal se comporter, mais… "

" Oui ? "

" S'il se montre trop insistant avec toi, dis-lui qu'il me devra un million de pièces d'or pour se racheter. "

" Hein ? Mais… Il ne ferait jamais ça ! "

 

" S'il tente quoi que ce soit, vise les roubign… "

" Tout se passera bien ! Masuya est quelqu'un de gentil ! "

Toute rouge, je secoue la tête énergiquement.

Le jour J, Masuya vient me chercher.
C'est un jour pluvieux. Il n'a aucune escorte et me tend, seul, son parapluie.

" Allons-y. "

 

Nous traversons la ville à pied, sous le même parapluie.
À cause des doutes d'Akinari, j'ai du mal à réprimer ma nervosité.
Je sursaute à chaque fois que son épaule effleure la mienne.
La beauté de Masuya tape à l'œil malgré la pluie qui empêche de bien y voir.
Les citadines que nous croisons se retournent pour le regarder, les joues rouges.
Je jette moi-même un coup d'œil à son visage de profil et pousse un soupir.

(Ça n'arriverait jamais… Un bel homme comme lui ne flancherait jamais sérieusement pour moi…)

" C'est si agréable ! "

Masuya se fend d'un sourire, éveillant ma curiosité.

" Quoi donc ? "

" Marcher avec toi à mes côtés, Saki. Tout le monde se retourne pour te regarder. "

" Vous voilà reparti… C'est vous que les gens regardent, Maître Masuya. "

 

" Ma foi, je n'ai pas vraiment envie de subir les regards emplis d'envie de ces hommes.
Comme ceux-là, par exemple… "

 

Masuya pointe le doigt vers des jeunes hommes se tenant debout devant nous.
Ils sont trois et nous regardent tous avec intérêt.
Sans sa veste bleue, je mets du temps à le reconnaître…

" Okita…  "

" Saki… "

 

L'un des jeunes hommes est Okita. Et j'ai déjà vu les deux autres au banquet.
Si ma mémoire est bonne, il s'agit de Nagakura et Tôdô.
 Nagakura est l'un des cinq meilleurs bretteurs de Shinsengumi.
Toujours gai, il est direct et téméraire.
Tôdô est à la fois un intellectuel et un bretteur. Il est d'un tempérament sérieux et humble.
De temps à autre, son sang chaud digne d'Edo ressort.
Okita… Nagakura… Tôdô…
Ces trois-là, menés par Kondô, seraient les premiers combattants a engager le combat à Ikedaya.
Aucun de nous ne sait encore que cet événement se déroulera dans un avenir très proche.

Shinpachi Nagakura : " Hé, Soji, c'est pas ta petite chérie ? "

" Non. "

Heisuke Tôdô : " Si, je sais que c'est elle. C'est Saki !
Vous avez fait cette fameuse partie de lancer d'éventail ensemble ! "

" On a bien fait cette partie, oui. "

Okita me lance un regard et se retourne en poussant les deux autres.

" Allons-y. On va finir par embarrasser son compagnon. "

 

Masuya sourit aimablement. Il n'a pas l'air offensé du tout.

" Oh, ce n'est rien. Connaissez-vous Saki ? "

Masuya se montre bien poli, face à ces hommes armés de sabre.
Malgré la différence d'âge et leur richesse, les marchands de cette époque se montrent toujours soumis aux samouraïs.

" Nous nous connaissons, mais à peine… "

J'écarquille les yeux en entendant sa réponse.
Tout en dévisageant Masuya, Okita reprend lentement…

" Et vous, quel rapport entrenez-vous ? "

" Maître Masuya est un habitué de la maison. Je vais visiter son magasin, aujourd'hui. "

" Ah oui ? "

" Et toi, où est-ce que tu vas ? Je ne t'avais pas remarqué, sans la veste de ton groupe. "

" La veste de son groupe ? "

Une lueur d'intérêt semble traverser le regard de Masuya.
Cette fois-ci, c'est lui qui dévisage les trois hommes, fronçant légèrement les sourcils.

La voix joviale de Nagakura me rappelle à l'ordre.

" On va voir un médecin, c'est tout. Avec ce temps, on a pas mal de malades dans nos rangs.
Même lui, il fait que tousser ! "

Nagakura met une tape dans le dos d'Okita. En l'entendant tousser, je retiens ma respiration.
Il secoue légèrement la tête lorsqu'il remarque mon regard.

" Je ne suis pas malade. Allez, rentrons. "

Nagakura : " Tu vois ? Il déteste aller chez le docteur, comme d'habitude. "

Tôdô : " C'est pour ça qu'on ne portait pas l'uniforme de Shinsengumi.
Si on sait que c'est nous, on pourrait nous refouler. "

Les gens de Kyô détestent Shinsengumi.
Je me demande si Masuya partage cette opinion.
En entendant ce nom, le teint de son visage a tout de suite changé.

" Voyez-vous ça… Vous faites donc partie de Shinsengumi ? "

Il s'ilcline révérencieusement, si bien qu'il est presque dans l'exagération.
Et son air serein disparaît aussitôt.

C'est un regard glacial et perçant qu'il lève vers les trois hommes.

" Je vous demande pardon. Je n'aurais pas dû m'adresser à vous avec mon parapluie ouvert. "

 

" C'est bon. On y va. "

Nagakura arrête Masuya avant qu'il ne ferme son parapluie.
Il prend Okita par le bras et commence à s'en aller avec Tôdô.
Okita lance un regard en arrière, semblant vouloir dire quelque chose.
Mais sans un mot, sa silhouette s'estompe sous la pluie.
En me retournant vers Masuya, la surprise m'envahit. Son regard déborde de haine.
Mais c'est compréhensible. Les hommes de Shinsengumi ont tué nombre de ses camarades.

" Votre temps est révolu, maudits Mibu Rôshi… "

 

La boutique de Masuya n'abrite pas l'appareil photo que je cherche.
Tout ce que j'ai trouvé, ce sont de vieux accessoires d'équitation, des antiquités, du charbon et d'autres choses du genre.

Si j'avais fouillé un peu plus longtemps, j'aurais peut-être fait la découverte avant Shinsengumi.

L'entrepôt contenait en réalité assez d'armes et d'argent pour commencer une guerre.

Il contenait aussi des documents secrets, preuve d'une rébellion.

 

À suivre…

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